Freelance : comment travailler son Business Plan et pourquoi ?

Caroline Caroline D. 15 mars 2021

Freelance : comment travailler son Business Plan et pourquoi ?

"Allez c'est décidé, je me lance !". Cette phrase fait peut-être écho à vos résolutions de 2021, à moins que vous n'ayez déjà sauté le pas au cours des années précédentes : vous avez répondu à l'appel du freelancing ! C'est une super nouvelle, mais vous avez surement de nombreuses questions que vous vous posez afin de commencer cette aventure en toute sérénité.

Pour venir en aide à notre communauté de freelances, nous aimons donner la parole à nos partenaires. Aujourd'hui, c'est le cabinet expert comptable Condillac qui répond à la question essentielle : est-il nécessaire de faire un business plan et surtout, pourquoi ?

Avant dans se lancer dans ce sujet, il est important de faire le point sur les questions les plus fréquentes que se posent tous créateurs d'entreprise :

  • Pour quel statut juridique dois-je opter ?
  • Comment faire un business plan ?

Pour répondre à la première question, actons dès le départ qu'il n'y a aucun statut qui soit fondamentalement meilleur qu'un autre. Ce sera votre situation au moment de la création et durant les premières années, ainsi que votre volume d'affaires et de charges à venir qui définira le statut à privilégier.

Dès lors, certains adopterons le statut de microentrepreneur, tandis que d'autres choisiront la société.

Pour tout savoir sur les différents statuts juridiques et comment choisir celui qui vous correspond, nous avons un article pour cela ici.

 

1. Les composantes du business plan

Et le business plan alors ? Pourquoi tout le monde en parle ? Pour quelle raison j'en ferai un si je n'ai pas besoin d'emprunter ?

Avant de répondre à ces questions, il faut déjà définir ce qu'est un business plan, quelle est son utilité et comment doit-il être travaillé ?

Le business plan est un document écrit qui vous sert d'outil de présentation de votre projet, de l'idée jusqu'à sa réalisation.

Plusieurs modèles vous seront accessibles en ligne, mais tous comprendront les points suivants :

  • Executive Summary : Qu'est-ce que votre projet en cent mots ?
  • Présentation de l'équipe : Quel est votre parcours, votre plus-value, votre complémentarité si vous avez une équipe ?
  • Quelles sont les valeurs que portent le projet ?
  • Étude de marché : Taille du marché, clientèle, concurrence ? (données quantitatives et qualitatives).
  • Stratégie commerciale : Comment allez-vous toucher votre marché ?
  • Stratégie de communication : Comment allez-vous communiquer votre offre / service ?

Jusque là, tout va bien. Viennent ensuite les aspects plus techniques, à savoir financiers et juridiques :

  • Business Model : comment l'activité va-t-elle créer et délivrer de la valeur ? C'est ici que l'on présentera les tableaux financiers du projet (plan de financement, prévisionnel,...).
  • Forme juridique, que l'on travaille de pair avec les aspects financiers (7) car l'un impactera l'autre.
  • Recherche de financements.

On vous rassure, en tant que freelance, vous n'êtes pas obligé de passer par toutes ces étapes car vous vendez avant tout votre temps, vos compétences.

En revanche, vous allez devoir vous pencher sur les étapes 7 et 8 afin de travailler sur votre rentabilité.

Les termes prévisionnels, plan de trésorerie et business plan sont tous les trois mis dans le même panier. En réalité, les deux premiers termes ne représentent qu'une partie d'un business plan. Ce dernier est d'ailleurs la traduction financière du business model.

 

2. Comment travailler son Business Plan ?

Nous allons voir comment vous pouvez travailler votre Business Plan, qui doit être composé (à minima) des éléments suivants :

  • Le plan de financement 

Permet de définir les investissements nécessaires au lancement de votre activité (quels sont vos besoins). Et de l'autre côté, ce dont vous disposez pour financer ces investissements (quels sont vos ressources) : économies personnelles, emprunts bancaires, aides,...

  • Un compte de résultat prévisionnel

Permet, en partant du chiffre d'affaires, de définir si votre activité est rentable (et de combien ?) une fois toutes les charges de l'activité déduites (charges fixes, variables, rémunération, cotisations, intérêts d'emprunts, amortissements...).

  • Un plan de trésorerie

Traduction mensuelle de vos flux financiers, il fera apparaître vos encaissements (chiffre d'affaires, capital, emprunt...) et décaissements (charges, rémunération,...). Tout comme votre compte en banque, il vous informe du solde bancaire disponible à l'instant T, ou plutôt chaque mois. L'idée étant de n'être dans la mesure du possible jamais à découvert (eh oui, la banque vous fera payer ce découvert ;) ).

 

Une fois ces éléments complétés, il est possible d'en retirer de nombreuses autres réponses, notamment trois données essentielles à la prise de décision :

  • Quelle sera ma capacité d'autofinancement ?

Très importante, cette donnée permet de déterminer si l'activité dégage suffisamment d'argent pour rembourser les emprunts que l'on souhaite consentir. Après avoir payé l'intégralité des charges nécessaires à votre activité, le restant doit permettre de rembourser le capital emprunté. On ne vous le cache pas, c'est ce que veut votre banquier.

  • Quel est mon seuil de rentabilité ?

Cette donnée est capitale ! Cet élément doit vous permettre de connaître le chiffre d'affaires à réaliser pour couvrir l'intégralité de vos dépenses (il tient compte des charges fixes et variables). Ainsi, vous verrez si votre chiffre d'affaires prévu vous permet de couvrir ces dépenses (dont votre rémunération) ou pas.

  • Quel niveau de trésorerie pour démarrer mon activité ?

Votre plan de trésorerie doit vous permettre de voir plus loin en terme d'apport que vos seuls investissements indiqués dans le plan de financement. En effet, avoir de la ressource pour couvrir quelques mois de dépenses ne fera pas de mal à votre activité. Car si vous êtes dans le rouge dès les premiers mois, il n'est pas certain que la banque n'accepte d'augmenter votre découvert autorisé ou vous prête une fois que vous serez en difficulté ! Donc, pensez à anticiper.

Tout un chacun pourra commencer à travailler sur l'ensemble des éléments que l'on vient d'évoquer.

Mais n'oubliez pas que même si un expert-comptable n'est pas le professionnel vers qui l'on se dirige naturellement (surtout si l'on se lance en freelance / microentreprise), il reste le professionnel le plus à même de vous conseiller/accompagner sur ces éléments.

Contactez-nous, vous n'avez rien à perdre ;)

A bientôt !

Clément Robicquet, Condillac Expertise.
clement.robicquet@condillac-expertise.com