Nos freelances arrêtent de se brader, et vous ?

Adrien Adrien S. 04 mars 2021

Pour parler de leurs tarifs, rien de mieux que de poser directement la question à nos chers freelances !

Découvrez les deux #Pitchworkees de ce mois sur la thématique "Freelance : arrête de te brader !"

On vous rappelle le format #Pitchworkees : une présentation de 5 minutes composée de 15 slides avec l'expertise et les conseils donnés par des freelances, pour les freelances. Corinne et Alain vous donnent leurs astuces pour définir avec sérénité vos tarifs ! 

 

Suite à un petit soucis technique lors du live, l'enregistrement du replay n'a pas fonctionné. De plus, nous n'avons pas pu avoir la présentation de Corinne pendant l'event. Nous avons donc décidé de vous diffuser la présentation de Corinne en différé. Bénéficiez de ses conseils à travers la vidéo disponible dans cet article ! Retrouvez également les résumés rédigés des deux thèmes abordés par nos 2 pitcheurs : 

💬 "Qu'est ce que mon TJM dit de moi ?" par Corinne

💬 "Définir son TJM en fonction de ses métiers, facile !" par Alain

On commence tout de suite avec la présentation de Corinne !

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Corinne est entrepreneure depuis 2006 au sein de « Pour de Justes Relations ». Elle propose des accompagnements individuels ou collectifs pour permettre aux individus de traverser des sujets chauds (stress, conflits, argent) pour en extraire leurs pépites et ainsi nourrir de plus justes relations à eux, aux autres, à la vie. Un chemin qu’elle a dû faire pour elle-même d’abord !

Corinne nous propose un regard introspectif pour se poser les bonnes questions sur nos tarifs et la relation que l'on entretient avec eux. Elle nous raconte son expérience personnelle sur les freins que l'on se met en tant que freelance vis-à-vis de ses tarifs.

 

Qu'est-ce que mon TJM dit de moi ?

Tout d'abord, être entrepreneur, c'est être responsable (entreprendre : prendre entre ses mains).

Lorsque l'on est auto-entrepreneur, on devient une "personne source" de son activité. On se retrouve à la fois avec ses qualités, son potentiel, sa vision du monde, mais également avec ses blocages, ses peurs et ses dysfonctionnements. Toutes ces opportunités et craintes se reflètent sur notre travail. Cette idée de "personne source" est défendue par Peter Koening, qui explique que lorsque l'on entreprend, on est responsable de son activité, ce qui constitue un challenge permanent.

La question de l'argent se pose alors dans la vie de freelance, et rentre en confrontation avec nos principes. Il s'agit d'un sujet percutant et important pour tous, d'autant plus pour les freelances. En s'engageant en tant qu'indépendant, on veut gagner de l'argent en accord avec ses propres valeurs.

 

Lorsque l'on parle de tarifs à son client, il s'agit d'un accord entre donner et recevoir, pour l'un et pour l'autre. Nous pouvons utiliser la métaphore de la paille pour symboliser cet échange. Pour que l'échange sur le sujet sujet soit fluide, il est obligatoire que les deux bouts soient ouverts. Si ce n'est pas le cas, il faut trouver ce qui obstrue l'ouverture et pourquoi.

Le sujet tabou de l'argent renvoie à beaucoup de projections, positives (la liberté, la sécurité, l'autonomie...) et négatives (l'argent lié au pouvoir, au mensonge, à la manipulation...).

On peut même classer sa relation à l'argent en 3 catégories :

  • L'écureuil : on veut économiser à tout prix par besoin de sécurité.
  • Le saboteur : utiliser l'argent dès que l'on le reçoit
  • Le Yoyo/les montagnes russes : on est dans des phases avec de l'argent et des périodes plus creuses

 

De plus, on peut être atteint du syndrome de l'imposteur. Ne pas se sentir légitime face à son prix, croire que l'on ne mérite pas de rémunération, sous-évaluer son travail... Il s'agit là bien souvent d'un besoin de réparation lié à l'enfance, qu'il faut réussir à dépasser en devenant adulte, ce qui peut demander du temps.

Chiffrer ses prestations, c'est aussi chiffrer sa propre valeur. L'estime de soi et la confiance en soi rentrent alors en compte pour être capable de définir honnêtement ses tarifs et arrêter (enfin) de se brader !

 

Dans tous les cas, il est important de prendre le temps de s'interroger sur son rapport à l'argent. Que représente t-il pour vous ? Quel est votre plafond de verre ? Quelle est la part rationnelle et irrationnelle des réponses que vous en tirez ? Réussir à avoir cette auto-évaluation est essentiel pour vous sentir en accord avec vos valeurs et vous sentir plus légitime. Ne pas se sentir coupable est aussi une étape importante à franchir, il faut être capable de se faire confiance !

 

N'oubliez pas avant tout qu'être entrepreneur, c'est faire le choix d'être unique, de s'exposer parce que l'on a choisi de se sentir libre. L'argent ne doit pas être un vecteur de culpabilité mais au contraire quelque chose de rassurant. Posez-vous les bonnes questions, soyez indulgents envers vous-même et respectez vos échanges avec votre clients, pour de plus justes relations.

Pour allez plus loin dans votre relation à l"argent et aux autres, n'hésitez pas à visiter l'article de blog de Corinne sur le sujet !!

Après ce super #Pitchworkees made in Corinne, découvrez l'expertise d'Alain sur la définition de ses tarifs quand on est multipotentiel !

 

Définir mes tarifs en fonction de mes métiers ? Facile !

Entrepreneur par tradition familiale et goût personnel, Alain est à la fois ingénieur chef de projet de formation, trilingue et binational. Il propose des services variés aussi bien en informatique qu'en formation, en rédaction et traduction trilingue ou en gestion de projet. La variété de ses propositions forme un tout, à la fois dans la singularité et dans le sens du service.

Il nous propose ses astuces pour définir un tarif en fonction de ses différents métiers.

 

Selon Alain, le TJM est une manière de facturer une journée, courte ou longue en se rapprochant plutôt d'une facturation à la prestation. Plutôt que de proposer un prix à l'heure, on va chercher à apporter une solution au client comme une offre globale. Vous pouvez retrouver cette idée dans l'exemple du garagiste donné par Alexis Minchella , fondateur de Tribu Indé, lors du Café Freelance de Février. Le TJM est surtout utilisé en B2B et est un bon indicateur de professionnalisme. Vous pouvez l'intégrer comme échellon de base pour développer ensuite vos offres commerciales.

 

Le TJM doit être réfléchi en fonction de différentes variables : votre expérience, vos diplômes, la qualité de votre travail, le marché actuel mais également la qualité de vie que vous recherchez ainsi que vos besoins réels.

Notre culture et nos valeurs vont également entrer en compte dans l'estimation de nos offres. Il faut bien être conscient de l'ensemble de ces indicateurs pour ne pas sous-évaluer ou sur-évaluer ses tarifs.

 

La limite basse à dépasser impérativement pour son TJM correspond aux charges à prévoir. il faut donc prendre en compte les facteurs limitants, internes et externes pour s'intégrer dans un système économique qui fonctionne pour soi. Le mode de facturation est une partie importante de votre offre, il faut réfléchir à tous les pour et contres qui vous permettront de facturer au juste prix.

Pour calculer ses charges, il faut lister l'ensemble des frais fixes et variables. Cette liste dépend de vos besoins et de la nature de vos prestations. C'est une étude continue et évolutive, rien n'est dans le marbre. Vous pouvez être accompagné d'un expert comptable dans un premier temps pour définir clairement vos coûts et vos recettes.

 

En bref, l'élaboration d'un TJM dépend d'une multitude de facteurs à prendre en compte. Essayez de valoriser en définissant votre stratégie de travail et définir votre système de valeur qui pourra influencer vos prix.

 

Vous souhaitez devenir pitcheur et enrichir les connaissances avec la communauté freelance ? Remplissez le formulaire pour faire votre demande 👉 https://bit.ly/3r7QyMk

Retrouvez l'article sur le thème "Freelance : arrête de te brader !" pour en découvrir plus sur ce sujet !

L'équipe Coworkees.